dimanche 25 janvier 2009

Memento mori

Bienvenue au cours Expression II de la session hiver 2009. J’ai décidé de structurer ce cours autour du concept de Memento mori. Depuis sa naissance au tout début de l’ère victorienne (époque remplie de pratiques et de croyances spiritistes et occultes), la photographie a toujours été imbibée de ce « rappel de mortalité ».

Plusieurs raisons expliquent le grand nombre de photographes fascinés par la notion de « memento mori ». J’en mentionnerais quelques unes : 1) l’arrêt temps fige le sujet humain par une sorte de rigidité cadavérique; 2) le lien physique avec la personne photographiée rappelle la notion d’empreinte, ou trace, qui accentue l’absence de cette personne; 3) et, finalement, la rupture du flux temporelle qui fige l’image dans un passé perpétuellement présent crée un repère temporel pour le spectateur, ce qui augmente la conscience de son propre passage dans le temps, donc sa mortalité.

Quand nous regardons une photographie, nous pouvons imaginer que le sujet est emprisonné dans un temps stoppé. Mais on pourrait aussi considérer que c’est nous qui sommes prisonniers dans un flux temporel incessant nous conduisant à notre destin funeste.

Dans Le Portrait de Dorian Gray, Oscar Wilde tente de sensibiliser ses lecteurs à la relation entre l’univers figé de l’imagerie et le flux continu du monde réel en inversant les rôles. Le corps de Dorian Gray reste suspendu dans un temps arrêté alors que son portrait entreposé dans le grenier continue à vieillir. Les photographies de Jesse A Fernandez des momies de Palermo me font le même effet que le roman d’Oscar Wilde. Les momies sont photographiées dans différents états de décomposition; plusieurs sont supportées par des broches clouées au mur. Les corps sont figés à jamais au moment où la mort les a saisies, mais ils continuent à se décomposer. Cela me donne l’impression que la caméra n’a pas réussi à suspendre le temps, tout comme le portrait de Dorian Gray.

Bonne session!

vendredi 23 janvier 2009

Sontag sur memento mori et l’image photographique

Nous sommes à présent en plein dans une époque nos­talgique, et les photographies contribuent activement à promouvoir la nostalgie. La photographie est un art élé­giaque, un art crépusculaire. Par la seule vertu de la pho­tographie, l'aile du pathétique effleure presque tous les sujets. Un sujet laid ou grotesque peut être émouvant, du fait de la dignité que lui a conférée l'attention du photo­graphe. Un beau sujet peut cristalliser la tristesse, du fait de son vieillissement, de sa dégradation ou de sa dispari­tion. Toutes les photos sont des memento mori. Prendre une photo, c'est s'associer à la condition mortelle, vulné­rable, instable d'un autre être (ou d'une autre chose). C'est précisément en découpant cet instant et en le fixant que toutes les photographies témoignent de l'oeuvre de dissolution incessante du temps.

Les photographies ont commencé à fournir des dupli­cata du monde au moment où le paysage humain commençait à subir un rythme de changement vertigi­neux : au moment où un nombre inouï de formes de vie biologique et sociale se voient détruites en très peu de temps, voici que l'on dispose d'un procédé pour fixer l'image de ce qui disparaît. Le Paris sombre et enchevêtré d'Atget et de Brassai a pour l'essentiel disparu. Comme les parents et les amis morts conservés dans l'album de famille, et dont la présence sur le papier exorcise en partie (angoisse et le remords suscités par leur disparition, de même les photos des vieux quartiers rasés, des coins de campagne défigurés et transformés en déserts, nous offrent une relation de poche avec le passé.

Sontag, Susan. SUR LA PHOTOGRAPHIE ( pages 30-31) traduit de l'anglais par Philippe BLANCHARD, Paris, Christian Bourgois, 1993.

APPEL DE PHOTOGRAPHES ET VIDÉASTES !

Je vous transfère un appel de soumission.

Bonjour,

Dans le cadre du projet Art Souterrain qui aura lieu lors de la Nuit Blanche de Montréal le samedi 28 février de 18h à 5h, la Galerie [sas] est à la recherche de photographes et de vidéastes bénévoles qui tenteront de capter les meilleurs clichés du sous-terrain montréalais.

Art Souterrain est un événement qui a l'ambition de transformer la ville souterraine de Montréal le temps d'une nuit en y exposant 80 artistes contemporains, pour la plupart québécois. Des photos, vidéos, installations et performances artistiques jalonneront les 2,8 km du parcours qui s'étendra du Complexe Les Ailes au Palais des Congrès. Dix espaces d'expositions seront aménagés afin de créer un itinéraire artistique dynamique. Le projet vise entre autres à reconsidérer la ville souterraine, qui pour l'instant a une vocation commerciale, afin d'en faire un nouveau lieu de diffusion de la culture.

La Galerie [sas] fait donc appel à des photographes et vidéastes dynamiques, motivés et curieux de découvrir la création artistique contemporaine dans un contexte inédit. En tant que photographe ou vidéaste d'Art Souterrain, vous aurez pour mandat de sillonner la ville sous-terraine muni de votre appareil photo ou caméra vidéo afin de saisir l'essence de cette nuit magique et ainsi laisser un témoignage vibrant de cet événement unique en son genre.

L'activité vous intéresse ?
Contactez dès maintenant Frédéric Loury ou Olivier Bousquet à l'adresse courriel : info@galeriesas.com
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GALERIE [SAS]
Frédéric Loury, propriétaire
Olivier Bousquet, Directeur

372 rue Sainte-Catherine, Ouest
Espace 416
Montreal (QC) H3B 1A2
Canada

[tel] 514 878 3409
www.galeriesas.com

vendredi 2 janvier 2009

Projet libre - Marilène Lucas

MODÈLE ANATOMIQUE HUMAIN I

Cette mosaïque est un corps humain grandeur nature. Rien n'est plus à la bonne place ni dans le bon sens. C'est le désordre et la déconstruction du corps.

Des formes et lignes abstraites, floues, bizarres recomposent ce corps d'une manière aléatoire : tous sont invités à faire tourner et interchanger les photos.

Le corps humain se construit et se déconstruit : il est changeant et en mouvement.

Le corps humain devient abstrait et beau : c'est une oeuvre d'art irréelle.


Marilène Lucas